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Confinement : Quel impact sur le collaboratif en entreprise ?

La crise sanitaire liée à la Covid-19 a bouleversé nos habitudes de travail et a logiquement impacté notre économie. Pour faire face à cette situation inédite, les entreprises n’ont eu d’autre choix que de réagir très rapidement. Elles ont dû répondre à l’urgence de travailler différemment en mettant à disposition des collaborateurs des outils pour télétravailler à distance et collaborer de façon beaucoup plus forte.

 

Quel a donc été l’impact du confinement sur la collaboration en entreprise ? Quel constat peut-on faire sur les outils du marché ? Quel futur pour la collaboration ? Ce sont autant de questions auxquelles Frédérique Mirner et Philippe Saurel ont répondu dans cet entretien.

 

Frédérique Mirner Effi'connect

Frédérique Mirner, Directrice commerciale – Effi’connect
« Experte en collaboration digitale depuis 10 ans, je conseille et j’accompagne les entreprises dans le choix, la mise en oeuvre de solutions et l’adoption des nouvelles pratiques collaboratives. Je suis en effet convaincue que la bonne solution, bien utilisée génère performance et efficacité. »
 

 

Philippe Saurel, Président – EWD Group, holding de Effi’connect et Enjoy your Business

« Je suis le co-dirigeant du groupe EWD, que j’ai crée il y a quelques années, avec Christine Mercier, également associée. EWD signifie Enjoy Working Differently puisque nous sommes convaincus, que le plaisir au travail génère la performance. »

 

 

 

Comment le collaboratif a évolué dans les entreprises pendant cette période ?

Philippe Saurel : D’une façon générale, tous les verrous ont sauté. Les dirigeants ont été contraints d’accepter que leurs collaborateurs travaillent de chez eux. Ils ont donc dû réagir rapidement et organiser le travail différemment pour que l’activité continue aussi bien, voire mieux qu’avant.

 

Était-ce surprenant ?

Frédérique Mirner : Oui, de façon positive car il y a eu une réaction immédiate et globalement cela s’est bien passé dans ce contexte d’urgence. Il a fallu se remettre en question et se remettre à travailler avec la banane ! Nous avons été surpris par notre capacité à repenser nos façons de travailler en France. On a pris cette difficulté comme une nouvelle opportunité pour travailler différemment.

 

Quels étaient donc les freins au travail à distance avant cette crise ?

PS : De manière générale, les dirigeants sont plutôt réfractaires au télétravail car ils n’ont pas la possibilité de contrôler directement le travail de leurs collaborateurs. C’est une culture très française, très fonctionnaire. Aussi, le manager a le sentiment de perdre du pouvoir quand il n’a plus ses collaborateurs à proximité, il a l’impression de perdre l’autorité.

 

Quel constat peut-on faire sur les outils qui ont été utilisés pour faciliter la collaboration ?

PS : Il y a logiquement eu une accélération des usages des solutions qui permettent de collaborer à distance.

La difficulté est de ne pas superposer les solutions et trouver celles qui correspondent aux réels besoins des entreprises, différents d’un métier à un autre, d’un secteur à un autre… La visioconférence ne suffit pas à avoir une démarche collaborative globale, par exemple.

 

FM : Les outils collaboratifs existaient déjà mais cela a permis de mieux les connaître et d’accentuer leur usage. Ce sont aussi beaucoup d’outils gratuits ou très peu onéreux qui ont été utilisés (notamment pour les petites structures) mais ces souscriptions en masse de ces outils ont engendré des failles de sécurité.

 

PS : Dans un contexte d’urgence et souhaitant relancer rapidement leur activité, les entreprises se sont principalement tournées vers des solutions connues de tous, sans véritablement faire un travail de comparaison, avec tout ce que cela engendrait en termes de difficulté. D’autres, avaient déjà des solutions mais ne les utilisaient pas.

 

FM : En plus des outils de visioconférence, il ne faut pas négliger les solutions d’animation des réunions (comme Klaxoon ou Yellow) qui se sont beaucoup développées pendant cette période. C’était important pour les managers de garder le lien avec leurs équipes et de redonner de l’énergie et de l’interactivité aux échanges du quotidien autour d’outils innovants.

 

Avez-vous constaté un fort besoin de formation à ces outils ?

PS : Beaucoup d’entreprises se sont retrouvées face à des solutions dont elles ne maîtrisaient pas l’usage. Il a donc fallu éditer des règles et modes de fonctionnement, et puis tout simplement, accompagner des collaborateurs à l’usage des solutions pour les exploiter au mieux et favoriser leur adoption (comme Microsoft Teams par exemple).

 

FM : Il y a également eu une recrudescence de demandes d’organisation de webinars pendant cette période. Parmi nos clients, des sociétés ont souhaité passer rapidement à un mode de travail digital alors qu’elles avaient l’habitude de collaborer en présentiel. Pour elles, ça n’a pas été évident mais l’accompagnement avait, là, tout son sens. On le voit d’autant plus aujourd’hui, les entreprises sont davantage prêtes à investir dans l’accompagnement qu’elles ne l’étaient avant. La collaboration est un enjeu aujourd’hui et la mise en place d’une solution collaborative fait partie de la stratégie d’entreprise. Au-delà des besoins de formation, il est important de souligner qu’il y a eu une forme de solidarité colossale entre les entreprises, sur les bonnes pratiques de collaboration, le télétravail… tout ce qui pouvait aider à mieux travailler ensemble.

 

Et demain, comment voyez-vous le futur du collaboratif ?

PS : Ceux qui auraient pu penser que cela ne durerait pas, se rendent compte, qu’au-delà de la crise sanitaire, les choses ont changé. Les salariés qui ont gouté au télétravail deviennent, en grande partie, adeptes dans un dosage qui doit être déterminé pour chaque métier. Il se sont rendu compte que cela leur permettait d’être plus productifs tout en leur offrant un plus grand confort de vie. A la demande des salariés, le télétravail va perdurer. Les entreprises ne pourront plus faire marche arrière. En revanche, il y a parfois des excès liés au télétravail, c’est le travers qu’il va falloir gérer pour les entreprises.

 

FM : D’où l’importance de créer une charte de télétravail pour fixer un cadre et éviter les débordements.

 

Et en termes d’outils ?

FM : On voit déjà qu’aujourd’hui, il y a de plus en plus de virtualisation sur plein de choses, comme les salons virtuels. Est-ce que demain on reviendra à des événements physiques ? Je n’en suis pas convaincue puisque le virtuel permet tout de même plus de flexibilité et des coûts moindres.

 

PS : On ne dit pas que la virtualisation c’est bien mais ça permet, en effet, plus de possibilités et de souplesse et moins de temps. Je pense que ça va exploser, mais on ne mesure pas encore très bien l’impact.

 

En tant que dirigeant, quelle est votre vision sur le développement du collaboratif ?

PS :  La vision du dirigeant, elle est bonne, quand on part du principe qu’il faut se remettre en question, s’adapter, faire preuve de flexibilité et d’agilité. Il n’y a pas de certitude. Il faut être en capacité de se réinventer en permanence. Evidemment, il y a des réfractaires. Et dans certains domaines, la notion de télétravail est compliquée. Je crois que la technologie (solutions de collaboration, virtualisation, IA…) va être un outil d’amélioration du travail. Si elle est bien utilisée et bien dosée, elle amènera aux entreprises un vrai confort et fera gagner de la productivité. Evidemment, il ne faut pas tomber dans un monde totalement dématérialisé.

 

FM : Il ne faut pas oublier que c’est l’humain qui prévaut dans le collaboratif. Télétravailler à 100%, on a réussi à le faire sous la contrainte, mais ça ne peut pas durer éternellement car on a quand même besoin de se voir. On est tous différents donc chacun a besoin de doser physique/virtuel.

 

Qu’est-ce que vous retenez de ce bouleversement des modes de travail ?

FM : Finalement, ça été une aubaine pour certains secteurs, comme le numérique. Cela nous a permis de prouver qu’on pouvait aussi être performant en travaillant de cette manière. Je pense qu’on grandit dans les expériences difficiles et l’écosystème des entreprises a bien grandi là : il y a eu pleins d’évolutions et pleins d’innovations, très rapidement effectuées du fait de cette crise. Evidemment, nous sommes conscients que certains secteurs dressent un bilan plus sombre.

 

 

 

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